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Comprendre l’évaluation selon la Pédagogie d’intégration Xavier ROEGIERS Fès, 12 avril 2011 Evaluer en termes de compétences, c’est accepter de remettre en question les bases sur lesquelles l’enseignant apprécie généralement une production de l’élève…

 

You Are Viewing Module 2: Un roman maghrébin

IL ÉTAIT UNE FOIS UN VIEUX COUPLE HEUREUX-MOHAMMED KHAÏR-EDDINE

Posted By Fle Lycée Maroc on avril 20th, 2011

IL ÉTAIT UNE FOIS UN VIEUX COUPLE HEUREUX

MOHAMMED KHAÏR-EDDINE



Il était une fois, effectivement, un vieux couple heureux.
Des Berbères de la montagne marocaine, soumis au rythme doux de la vie villageoise, à l’observation des saisons et des couleurs du ciel. La femme prépare des plats ancestraux, tandis que le vieux Bouchaïb compose, tout en fumant et savourant du thé, un long poème calligraphié dans la langue des anciens touaregs. Les changements du modernisme commencent à peine à atteindre leur village reculé. Et bientôt, grâce à l’imam qui dirige la mosquée, les poèmes de Bouchaïb sont mis en musique, diffusés à la radio et entendus par tous…
Loin des fulgurances et des éclats flamboyants et sombres qui ont fait sa gloire, l’auteur d’Agadir et du Déterreur, mort en 1995, nous livre ici plus qu’un testament : le roman de l’apaisement qu’il avait tant rêvé.


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Il était une fois un vieux couple heureux

Posted By Fle Lycée Maroc on novembre 29th, 2010

Il était une fois un vieux couple heureux.

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Il était une fois, effectivement, un vieux couple heureux. Des berbères de la montagne marocaine, soumis au rythme doux de la vie villageoise, à l’observation des saisons et des couleurs du ciel. Le vieil homme, revenu d’un passé agité, passe ses journées à calligraphier en langue tifinagh, héritée des anciens touaregs, un long poème à la gloire d’un saint. Sa poésie sera chantée à la radio, diffusée en cassettes, imprimée et reconnue. Les portraits de visiteurs, étudiants américains ou amis revenant de l’étranger, ou de héros locaux promis à la désuétude, tel le forgeron africain, agrémentent le rythme austère des journées, scandées par la cérémonie du thé ou la préparation des plats ancestraux, dont un délicieux couscous aux jeunes pousses de navet. Tout en maugréant contre la « modernité fanfaronne » et ceux qu’il appelle les « parvenus », il entreprend un nouveau poème sur le thème de l’arc-en-ciel. Loin des fulgurances et des éclats flamboyants et sombres qui ont fait sa gloire, l’auteur d’Agadir et du Déterreur, mort en 1995, nous livre ici plus qu’un testament : le roman de l’apaisement qu’il avait tant rêvé.Les résumés sont en cours de validation, il est temporairement impossible d’en ajouter…

La symbolique de la vieille dans IL ETAIT UNE FOIS UN VIEUX COUPLE HEUREUX de Mohammed KHAIR-EDDINE.

Posted By Fle Lycée Maroc on septembre 27th, 2010

La symbolique de la vieille dans

IL ETAIT UNE FOIS UN VIEUX COUPLE HEUREUX

de Mohammed KHAIR-EDDINE.

Par : MOUMMAD El Houssaine,

agrégé de Français, lycée qualifiant

El Hassan El Khayyat, Inezgane.

La majorité des lecteurs considèrent, à tort, la vieille dans Il Etait Une Fois Un Vieux Couple Heureux comme un personnage comparse. Pour ceux-ci, le vieux demeure le personnage pivot qui conduit le récit à sa guise en alternance avec le narrateur premier ; il en est la clé de voûte en quelque sorte. Quant à la vieille, son rôle se limite à meubler le vide autour de son mari et à égayer la monotonie de ses considérations. Mais, après mûres réflexions, il s’avère que ce personnage a son mot à dire dans cette histoire.  La suprématie volumétrique du vieux écrase celle-ci au point de la neutraliser, et pourtant elle ne cède pas. Ses répliques maigres et ses effacements fréquents ne nuisent aucunement à sa mission dans le récit. C’est grâce à sa symbolique que la vieille, personnage satellite en apparence, s’érige en un pôle capable de rivaliser avec le vieux. Si ce dernier est souvent absorbé par ses flux de conscience oû il analyse son environnement, le vieille, elle, définit cet environnement. Elle incarne son statut et sa réalité, tantôt en s’y identifiant et tantôt en s’y opposant, pour livrer au lecteur une fresque sur laquelle se détache la figure féminine, ses attentes et ses déceptions. Ce personnage est donc un signe à connotations fortes qui dénonce la vérité de la condition de la femme sous des dehors romanesques.

  1. la vieille : vecteur de la couleur locale.

La vieille illustre parfaitement le statut de la femme dans le Sud marocain. Le lecteur ne saura ne pas penser au vécu et aux coutumes qui régissent la vie de celle-ci à chaque fois qu’il rencontre ce personnage. Tout en elle fait sens et participe à tisser le statut peu lumineux de son sexe dans une région marquée au fer de la tradition et de la religion détournée. La vieille est donc un type social qui représente la réalité de la femme dans notre culture.

Une confrontation au sein du couple même entre le vieux et la vieille est jugée utile pour mieux ressortir les contrastes. Alors que le vieux porte un nom, qui est synonyme de l’identité et de la reconnaissance sociales, la vieille est réduite à l’anonymat. Elle est désignée tout au long du récit par « femme » ou « épouse ». Ce personnage ne possède pas une identité qui lui est propre ; elle se définit souvent par des hyperonymes qui englobent presque toute la gent féminine. L’absence du nom, ne symbolise-t-elle pas la méconnaissance et le dénigrement de la société ? N’est-ce pas une espèce de négation ? Le traitement que subit la vieille n’est pas fortuit. C’est le sort que le narrateur réserve à toutes les femmes dans cette histoire. Au cours d’une discussion entre le couple, le hasard les mène à parler de l’épouse de Hmad, l’ancien baroudeur. Encore une figure indéfinissable toujours calfeutrée conformément à la tradition : «-…on ne sait pas à quoi elle ressemble. – C’est une recluse. Hmad n’aime pas voir traîner ses femmes. Ils les saignerait plutôt ! ». La femme est donc un tabou social. Elle existe, évolue à l’ombre et sous la tutelle de l’homme.

Un lecteur lucide se rend compte de cette situation inégale dès l’incipit car la présentation des deux protagonistes est peu équitable. Le vieux se voit doter d’une épaisseur psychologique au fil du récit. Son portrait, déjà esquissé par le narrateur, est parachevé au fur et à mesure par la vox populi mais également, en creux, à travers ses propres réflexions. Mais la vieille, elle, se révèle un personnage fragile, un croquis dont on arrive à peine à distinguer les contours. C’est une créature qui vient ex nihilo ; un spectre sans nom, sans passé et sans Histoire : «…De la femme, on savait peu de chose sinon qu’elle venait d’un village lointain, d’une autre montagne sans doute ». Le contraste criant entre les deux portraits (celui de la vieille est dépouillé tandis que celui du vieux est étoffé) est significatif. Il consacre l’hégémonie de l’homme et condamne la femme à vivre opprimée au sein d’un univers essentiellement viril.

La symétrie entre le sort de la vieille dans le roman et celui de la femme dans la réalité est parfaite. Alors que l’homme représente toujours une figure positive et « opulente », la femme se définit souvent par le paradigme de la négation. Le décalage entre Bouchaib et sa femme illustre pertinemment cette vision et atteint son paroxysme quand il s’agit du savoir et de l’érudition. Le narrateur fait du Vieux un homme très instruit, un homme de lettres et des sciences. Cette caractéristique poussée à l’excès frise parfois l’invraisemblable voire le comique: « Bouchaib était un fin lettré. Il possédait des vieux manuscrits relatifs à la région et bien d’autres grimoires inaccessibles à l’homme ordinaire ». Le lecteur n’arrive pas toujours à concilier le passé agité du vieux, un passé de l’errance et de la misère, et son savoir immense et encyclopédique (à moins que le personnage ne soit le reflet de Khair-eddine lui-même !). Or, la vieille est une copie conforme de la réalité. Tout comme les villageoises, elle est illettrée. Son esprit simpliste et naïf assimile rarement les discours fumeux et trop savants de son mari, car elle ne peut aller au-delà de son quotidien : « Elle ne comprenait rien à ces choses. Fors la cuisine et la vie courante en général, tout le reste était nébuleux pour elle. » .

Si le Vieux se lance systématiquement dans des excursions intellectuelles qui lui permettent de déborder les frontières du village et d’explorer des univers parfois lointains, la vieille est prisonnière de son quotidien. Elle est pleinement ancrée dans son entourage immédiat et ne peut en aucun cas s’en défaire. C’est dans cet entourage qu’elle se reconnaît. A l’instar de toutes les villageoises, c’est elle qui se charge de toutes les activités journalières de son ménage. Bouchaib, la figure du penseur, ne fait que réfléchir et discourir. Son rôle se résume dans une longue et interminable logorrhée. Il s’en rend compte lui-même du reste: « mais je parle, je parle, je parle… ». Néanmoins, la vieille dans le roman est une créature industrieuse. Son apparition est toujours justifiée par un acte à accomplir : si elle apparaît, c’est pour demander l’avis du Vieux sur un repas…si elle disparaît, c’est pour aller nourrir la vache…Bref, la vieille renvoie à notre société traditionnelle oû la division des taches semble inique. Une société oû il incombe à la femme de s’occuper de toutes les corvées relatives au ménage (l’eau, les bêtes, les champs…), durs soient-elles. Pour accentuer cet abus, le narrateur va jusqu’à établir une analogie entre la vieille et sa vache même. D’oû ressort une espèce d’ « animalisation » de celle-ci : « Dans l’étable, la vache avait fini de manger et, comme elle ne meuglait pas, la vieille femme pouvait la croire endormie. C’était sa bête favorite. Elle faisait comme elle les labours dès les primes pluies d’octobre ». Quant à Bouchaib, il s’extasie dans son oisiveté comme un seigneur et se livre souvent au courant de ses idées qui l’emporte sur des rivages atemporels. En analysant les rapports dans le couple, le lecteur s’aperçoit facilement d’une hiérarchie sociale, car les comportements de la vieille, qui s’empresse tout le temps auprès de son mari, ne vont pas sans nous rappeler les attitudes du serviteur à l’égard de son maître. Les questions du genre : « qu’est-ce que tu veux pour ce soir ? » font légion dans le texte et trahissent un rapport vertical entre les deux époux. La vieille tache de combler les plaisirs de son mari…mais des siens, il n’en a jamais été question.

La femme dans notre culture, à l’image du personnage dans le roman, est mise à l’écart. Le narrateur nous livre ainsi une silhouette frêle, mais riche en significations, qui traduit toutes les déceptions de son sexe en mal de reconnaissance. Dans un monde phallocentrique, la femme est acculée à la soumission. Toutefois, le rôle de la vieille dans ce cadre s’avère double. Elle trahit l’ingratitude et l’injustice sociales envers la femme, mais en parallèle, elle souligne ses aspirations et ses attentes : elle met le doigt sur l’origine du mal et indique les moyens susceptibles de le guérir à la racine, tout ensemble. Certes, la vieille illustre la situation peu glorieuse de la femme dans notre culture, mais celle-ci, aux antipodes des villageoises, a une consolation : la vie qu’elle mène avec son mari dissipe les abus sociaux qui la guettent. Ainsi, l’écart entre le traitement du narrateur (porte-parole de la société) et celui du Vieux à l’égard de la vieille est considérable. S’elle pâtît suite à l’injustice du premier, le second est en mesure de la réhabiliter : l’écouter et lui accorder le statut qui lui est dû.

  1. la vieille : la voix/voie du salut :

La facette sombre de la vieille, qui renvoie à la réalité de la femme dans notre société, se double d’une facette lumineuse qui frôle parfois l’utopique. Cette seconde facette fonctionnerait comme une recette ou un mode d’emploi qui aiderait celle-ci à retrouver la place qu’elle mérite dans la société. C’est dire que la vieille dans le récit est une lueur d’espoir qui point à l’horizon de ses congénères, un statut idéaliste que toutes les femmes convoitent. Du coup, ce personnage saura réveiller la volonté de changer et inciter ces dernières à la revendication et à la persévérance.

En analysant de près le contexte conjugal et familial de la vieille, on peut dire que celle-ci figure comme une anti-villageoise : elle se définit souvent par opposition aux autres. La vieille connaît la méconnaissance sociale, preuve en est le traitement avilissant du narrateur à son égard ; mais ce qui la démarque, c’est sa conscience de cette condition. Elle est une conscience sociale qui ne cesse de s’interroger sur la situation de la femme dans son village surtout. Elle fustige celles qui se font humilier à cause de leur résignation et bénit celles qui ont réussi à se tenir debout malgré les embûches et les écueils. Talouquit est un exemple éloquent à cet égard. Cette femme érudite tranche sur un paysage dont la couleur dominante reste l’ignorance et l’illettrisme, surtout entre les femmes. Ce caractère hors du commun arrache un long discours élogieux aux deux époux. La vieille l’admire énormément, d’abord par l’étendue de son savoir, mais surtout parce qu’elle est l’unique figure qui parvient à s’affranchir de la tutelle de l’homme. Talouquit vit seule et cependant elle réussit à mener une vie décente. Jamais le lecteur n’entendra plaindre cette femme qui maîtrise pleinement son entourage : « elle ne manque de rien. C’est une fourmi ». C’est sa volonté ferme et ses convictions qui la tiennent à l’abri de l’indigence qui ronge les autres villageoises abandonnées par leurs maris. La vieille se saisit donc de cette confrontation pour lancer son mot d’esprit : « en tout cas, il n’y a plus de femme de ce genre, précisa la vieille. Il n’y a plus que des ignorantes bâtées qui triment sous le soleil ou dans la tourmente ». La vieille ne reproche pas à la femme de travailler, mais de ne pas tirer parti de son travail. Le travail n’a de fruit que s’il est régi par la raison, c’est-à-dire que celle-ci doit être consciente qu’elle est la charpente de la famille et de la société. La femme peut améliorer sa situation en donnant à son rôle sa juste valeur. Mais les villageoises, ces ombres interchangeables, subissent une critique acerbe vu leur résignation : ce que la vieille déteste par-dessus tout.

La femme endure des abus dont elle est elle-même l’auteur, paradoxalement. C’est son ignorance et sa « lâcheté » qui ont enfanté sa condition. Les pauvres ne sont pas l’unique cible de la satire de la vieille ; celle-ci déclare une guerre sans merci à toutes celles qui rabaissent leur statut. Même les riches, les femmes des parvenus, ne sont pas à l’abri de ses attaques. Ces dernières sont souvent aperçues comme des aliénées qui ont rompu avec leurs origines et sombrent dans le faste des apparences trompeuses à l’aveuglette. Dans une conversation entre les deux époux, le vieux ne manque pas d’évoquer ironiquement ces femmes obnubilées par l’éclat de la ville : « ces femmes se vantent de vivre mieux en ville qu’ici. Là-bas, elles portent de l’or. N’as-tu pas vu qu’elles ressemblent à des bijouteries ? ». Cette réplique polyphonique, d’oû se dégage également la voix des parvenues, a pour but essentiel de sonder la fermeté du parti pris de la vieille. Mais la réponse de celle-ci est plus que claire : « c’est du tape-à-l’œil ». L’attachement de ces femmes au paraître aux dépens de l’être lui soulève le cœur de dégoût. Elles convoitent l’estime et la considération d’autrui, non par ce qu’elles sont, mais par ce qu’elles ont. L’erreur suprême de la femme, selon celle-ci, n’est donc autre que la négation de soi, mais chacune la commet à sa manière : si les pauvres villageoises rechignent à la protestation et finissent pas accepter les avanies sociales, les parvenues, elles, s’entichent de l’or et y voient l’instrument de leur reconnaissance. Les deux font abstraction de leurs êtres : la première reste en deçà de son devoir et accepte l’humiliation et la seconde passe outre en se réifiant. Or, elles ignorent que la considération est fortement soumise à la loi de l’immanence. Elle ne provient pas d’autrui mais de soi. Reconnais-toi toi-même, voici la devise que la femme devrait mettre en œuvre.

La vieille ainsi détruit un statut traditionnel pour le supplanter par un autre meilleur. Elle tend à substituer l’image de la femme villageoise opprimée par une autre image qu’est la sienne. La vie qu’elle mène en compagnie du vieux nous apprend bien des choses sur les convoitises de la femme. Elle invite et cette dernière et les hommes à suivre leur exemple. L’harmonie et l’entente qui règnent au sein du couple, leur sérénité, mais surtout la reconnaissance mutuelle étonnent parfois le lecteur. Le premier enseignement que l’on peut tirer de cette relation conjugale est la suivante : la femme n’est plus réduite à son corps. L’amour charnel, sentiment éphémère qui s’éteint avec la jeunesse, est complètement banni. Aussi la femme n’est-elle plus traitée comme un ventre, simple mécanique de procréation. Bouchaib, qui parle à un moment donné de son ancien ami Khoubane, célèbre en passant ses conduites originales envers son épouse. Des conduites qui sont à mille lieues de ce à quoi on est habitué:

« Ah ! Cette femme ! Quelle douceur et quelle intelligence ! N’étaient ces marques de variole sur le visage, elle aurait éclipsé les prétendues beautés dont on célèbre gaillardement les formes plantureuses. (…). Khoubane s’en fichait, lui. Il aimait cette femme admirable. Et il n’aimait qu’elle, ce qui est formidable dans un pays oû on aime toutes les femmes, pour des bagatelles. Il savait, lui, donner un sens à l’amour. D’autres, voyant qu’ils n’avaient pas d’enfants ; auraient répudié l’épouse inféconde. Lui, non ! … »

Le retour systématique sur les rapports conjugaux dans le roman n’est autre qu’une remise en question de la nature des rapports au sein des couples dans notre culture. L’amitié ou l’amour doivent désormais s’inscrire dans une logique absolue dépassant les sens et les plaisirs passagers. La vieille ne cesse de vanter le caractère de son époux qui lui parle toujours d’égal à égal. Un panégyrique qui est souvent corollaire d’une diatribe caustique contre tous les époux ingrats :

«  En tout cas, tu m’as rendue heureuse. Je suis vieille mais heureuse de vivre ces événements en ta compagnie. J’ai toujours su que tu cachais une grande âme. C’est pourquoi je n’ai jamais souffert avec toi. Il n’y a qu’a écouter ce que disent les autres femmes pour comprendre. Elles en veulent toutes à leurs conjoints. Il a toujours quelque chose à se reprocher, celui-là. Il les bat, les maltraite, ne leur achète rien sauf un vêtement et des souliers de temps en temps, et il exige d’elles une perfection absolue (…). Moi, je n’ai jamais eu à me plaindre de toi. »


Le couple dans le roman est un symbole qui vise à propager des idées neuves et salvatrices. Bouchaib incarne l’homme tel qu’il devrait être et la vieille annonce une ère nouvelle. Celle-ci est un type, pas comme les autres, qui est conscient des difficultés de sa situation en tant que femme. Elle connaît les souffrances de son sexe ; du coup, son éloge de son mari s’en trouve intarissable. Un éloge qui a un rôle double : il permet à la vieille de faire une satire indirecte des hommes imbus par leur supériorité (en jouant sur les contrastes), mais en même temps, elle chante un hymne pour un modèle à imiter. Le lecteur est interpellé par l’échange régulier des félicitations entre les deux époux tout au long de l’œuvre. La vieille apprécie beaucoup les poèmes de son mari ; de même, ce dernier savoure ses plats. Cette harmonie n’est donc autre que le signe d’une reconnaissance réciproque qui se manifeste parfois d’une manière poétique :

« Elle s’assit et commença à préparer sous l’œil ébloui du Vieux un tagine qu’elle condimenta d’aromates rares. La narine du Vieux était titillée par cet agréable fumet. Il en laissa même tomber son porte-plume pour suivre les gestes précis et légers de la vieille femme. Un bonheur ineffable s’exhalait de sa personne.

- c’est une véritable tentation, dit-il. Ton merveilleux travail me distrait du mien. Mais ce que tu fais là, c’est aussi de la poésie. »

Le travail de la vieille n’est pas dénué de poéticité. Tout comme les poèmes du vieux, qui cisèle le langage et les mots, ses tagines sont des tableaux peints par un artiste dextre. Bouchaib place ainsi sur un pied d’égalité sa tache et celle de son épouse : les deux cultivent l’utile et le beau.

Dans Il Etait Une Fois Un Vieux Couple Heureux, la vieille n’a rien à envier à son époux. Si ce dernier se voit comme figure principale du roman vu sa présence permanente, la vieille, elle, est un signe qui a une multitude de sens. Elle fait « l’autopsie » de son univers en tant que femme, trahit les rapports qu’il entretient et qu’il devrait entretenir avec l’univers masculin. La vieille se révèle ainsi un personnage indispensable. Elle illustre les idées émises par Bouchaib sur la femme et la société et contribue à les transmettre intelligemment dans une enveloppe romanesque.

  1. la vieille : une stratégie générique.

L’influence de la vieille dans le roman déborde les strictes frontières du sens et de la culture pour atteindre même à la question du genre. Cette œuvre serait traitée autrement si l’on fait abstraction de ce personnage ; c’est elle qui assure ses liens avec le roman (comme genre). Ce constat apparaît aberrant de prime abord ; or, sans celle-ci nous aurons affaire à un simple traité de sociologie qui analyse les problèmes de la société marocaine sur tous les niveaux. Aussi les discours et les réflexions du vieux deviendraient-ils ennuyeux, sans fin et sans raison. Car comment se fait-il qu’une œuvre passe toute entière uniquement à discourir ? Bouchaib dans ce cas serait un faux personnage et ses discours peu vraisemblables. C’est donc là oû réside l’importance de la vieille : elle permet de contextualiser les idées de son mari en les mettant dans un cadre culturel et énonciatif adéquats.

En lisant le roman, le lecteur a du mal à reconstituer l’action ou l’histoire racontée : celle-ci est réduite à son degré zéro. Le mode de vie simple et itératif que le couple mène n’a d’autre fin que de fournir une plate forme aux discours sociologisants du vieux. Loin de dire ses pensées crûment, l’auteur fait appel à une petite histoire pour maquiller la virulence de ses propos. Ainsi, si le vieux incarne l’auteur, la vieille, elle, s’occupe d’une autre mission : inscrire ses idées dans un cadre qui justifie leur naissance. Elle est le principal auteur de la trame événementielle maigre et répétitive qui constitue cette histoire.

Comme nous l’avons déjà mentionné, la vieille est la figure de l’action par excellence. A l’encontre de Bouchaib qui passe la majorité de son temps à parler, son épouse anime l’espace : elle prépare les repas, s’occupe du ménage, des bêtes, des corvées…bref, il interrompt systématiquement son mari pour ancrer ses idées dans un cadre spatio-temporel. Aussi sa présence rappelle-t-elle toujours au lecteur que les réflexions du vieux font partie intégrante d’un quotidien pleinement vécu. De ce fait, on peut caractériser ce personnage comme étant une technique qui donne au discours son obliquité efficace en l’inscrivant dans le romanesque. Ainsi, loin d’exprimer ses idées d’une manière insipide, comme l’aurait fait un sociologue, l’auteur le fait d’une manière biaisée et intelligente. La vieille tisse une vie quotidienne qui amène logiquement les pensées faussement subsidiaires du vieux.

La vieille se définit d’emblée comme un lien fin qui rattache l’œuvre au genre romanesque. Cette histoire simple qui voit le jour fonctionne comme un récit cadre qui sert à donner une unité et une logique aux analyses de Bouchaib (reflet de l’auteur). Sans elle, l’œuvre serait réduite à un simple amas de constats qui va dans tous les sens. De ce fait, la vieille épargne à l’œuvre la sécheresse et le dépouillement qui sont le propre des traités de sociologie ; car outre sa présence dans la diégès, la vieille est également présente dans les discours du vieux. Ses interventions les scandent et leur donnent l’allure d’une simple discussion familiale.

A l’image du confident dans les dramaturgies antique et classique, la vieille est un personnage dont la présence auprès de Bouchaib est quasi obligatoire. Elle rend ses considérations vraisemblables, car, sans auditeur, il serait question d’un chapelet de monologues juxtaposés, saugrenus et longs. Le vieux est d’ailleurs conscient du rôle dont sa femme s’acquitte dans ce jeu. Celle-ci tient compagnie au lecteur, dont elle est la doublure, mais en parallèle, elle ôte à ses discussions toute allure d’artifice. Les réflexions du vieux viennent toutes au gré des circonstances suite aux petits débats qu’il soulève avec celle-ci. Le discours que ce dernier entreprend à propos du séisme qui a ravagé Agadir est un exemple éloquent qui met en évidence la mission de la vieille dans cette œuvre : « A sa femme pourtant, qui l’écoutait avec ferveur quand il abordait un sujet difficile, il expliqua la sismicité des sols et le pourquoi d’une telle catastrophe ». Sans elle, la situation de Bouchaib sera incongrue : un personnage ne peut aucunement faire toutes ces réflexions seul et dans l’inaction sans susciter le doute et l’étonnement du lectorat. Mais la vieille justifie l’attitude de son mari du moment qu’elle se pose comme premier destinataire. Ainsi l’auteur joue-t-il ici sur le principe théâtral de la double énonciation : au lieu d’intimider le lecteur par ses discours fleuves en le prenant pour son interlocuteur direct, comme il se passe dans les traités philosophiques et sociologiques…, l’auteur transmet ses messages mais par le biais de la vieille qui pousse toujours son mari à l’éclairer (et le lecteur) sur chaque point. Du coup, les digressions de Bouchaib ne sont jamais faites d’une seule traite, mais sous la forme d’un faux dialogue. Sa femme intervient régulièrement à chaque fois que sa parole s’essouffle : soit par des questions : «  il y aura donc une sécheresse ? »…soit en reprenant la dernière phrase du vieux pour le pousser à continuer (surtout dans les quatre derniers chapitres).

Comme un protagoniste rongé par le malheur et qui sollicite toujours son confident pour extérioriser sa tristesse, le vieux est rongé par la misère de la société et la vieille, qui le côtoie tout le temps, est la seule qui puisse favoriser cet épanchement thérapeutique qui contient beaucoup de leçons, au grand plaisir du lecteur. De ce fait, les discours du vieux ont toujours une raison vu le cadre romanesque qui les engendre. Ils trouvent souvent leur place au sein d’une histoire anecdotique : celle d’un mari érudit et de sa femme qui a soif de la connaissance.

On se rend compte, au demeurant, qu’ Il Etait Une Fois Un Vieux Couple Heureux n’est autre qu’une simple anecdote entrecoupée de digressions ; une anecdote que l’on peut résumer comme suit : un vieux couple qui vit paisiblement dans un village de montagne reculé. Mais on s’aperçoit également que le personnage auquel on a accordé peu d’importance jusqu’à présent, la vieille en l’occurrence, se révèle une clé qui résout pas mal de problématiques dans le roman : elle jette la lumière sur la condition de la femme dans son entourage et participe profondément à créer la matrice romanesque qui régit le torrent d’idées de son mari. Elle dénonce les travers de la société, suggère des voies à suivre tout en rendant les discours de Bouchaib des discours de circonstance.

Mohammed khaïr-Eddine un sociologue talentueux

Posted By Fle Lycée Maroc on septembre 25th, 2010
Mohammed khaïr-Eddine un sociologue talentueux

Auteur: Nadia BIROUK
Colloque sur Mohammed Khaïr -Eddine sa vie, sa poésie et ses oeuvres (Maroc)
(Le vendredi : 25 -04 -2008)
Ville d’AGADIR MAROC

Introduction

Mohammed Khaïr Eddine est connu par son écriture pamphlétaire et difficile. Par ses poèmes et ses romans qui montrent que cet homme a la création dans le sang. Ses origines n’ont pas empêchés cette personne de devenir l’un des écrivains maghrébins les plus importants
; il est même nommé : L’enfant terrible de la littérature maghrébine. Dans cette intervention, je vais essayer de vous faire découvrir Mohammed Khaïr-Eddine le sociologue à travers son oeuvre : Il était une fois un vieux couple heureux[1]. J’ai choisi cette oeuvre
car, elle est programmée et les élèves ainsi auront l’occasion de discuter et d’approcher autrement un roman qui ont déjà lu. Je tiens à vous dire qu’il s’agit d’une analyse personnelle où j’ai essayé de mettre l’accent sur les talents de Khaïr- Eddine le sociologue. Ce
travail a été fait à la dernière minute pour pallier le vide dû à l’absence d’un spécialiste de Khaïr-Eddine qu’il devait nous parler de ce monsieur et de ses créations.

Il était une fois un vieux couple heureux

Ce roman est une oeuvre posthume apparue aux éditions du Seuil en 2002. Il raconte la vie d’un couple heureux où le vieux passe ses journées à écrire des poèmes en berbère et à savourer les repas faits par la vielle, sa femme. Le récit sera développé en fonction du passé agité du vieux et ses pensées. Le progrès vient provoquer un véritable changement au village paisible. Les poèmes du vieux seront diffusés à la radio et mis en chansons.
Je vais essayer, comme je vous l’avais signalé, de vous faire découvrir Mohammed Khaïr- Eddine le sociologue à travers l’étude de certains cas présentés au sein de son oeuvre : Il était une fois un vieux couple heureux.

La situation de la femme

La figure féminine la plus dominante est la vieille. La femme de Bouchaïb. Une femme qui
passe son temps à fabriquer des tajines pour son vieux époux et qui doit sous-estimer
heureuse dans toutes les situations et à toutes les conditions : le bonheur est un apprentissage,
un mode de vie et non un sentiment. Une obligation et non un choix. La femme à
l’époque n’existait que dans l’ombre et devait accepter son sort d’épouse fidèle et heureuse:

« -Je dois t’apprendre une chose, femme, dit le vieux. Une chose très importante. On est heureux ensemble, n’est ce pas ?
-Oui, mais sans enfants…
-Bah ! C’est mieux ainsi. Dieu l’a voulu, la lignée est finie. Même des rois ont subi ce sort.» (p.37)

Dans ce passage, la stérilité d’un homme n’est pas discutable. La femme ici, doit confirmer son bonheur même si elle ne pourra jamais être mère ou grand-mère. Pourtant, la stérilité d’une femme est une honte, une chose inexcusable. En effet, la société ne pardonne jamais une femme inféconde, qui doit remarier son mari et lui trouver une autre femme.
Dieu dans ce sens aura d’autres choses à dire. Mohammed Khair-Eddine traite ici un problème
socioculturel d’une manière dérisoire et met ainsi le bonheur de ce couple entre parenthèses.
Ce qui nous pousse en tant que lecteurs réels, à poser la question : Y a- t- il vraiment un vieux couple heureux ? N’oublions pas que l’auteur n’a pas avancé le non
de la vieille, qui sombre dans l’anonymat. D’ailleurs, Mohammed Khaïr –Eddine dans un style à détour semble bien répondre à cette question…

L’argent devient la règle du jeu

Dans son roman : Il était une fois un vieux couple heureux, Mohammed Khaïr–Eddine signale le changement que la société a subi à cause de l’intervention européenne et américaine. Les gens sont devenus avides d’argent. Les principes et les valeurs humaines deviennent une mode archaïque sans importance. Cela veut dire, que Mohammed
Khaïr -Eddine a remarqué cette évolution matérielle, qui pénétrait nos foyers et bouleversait nos convictions. La foi des anciens n’a plus de place dans un monde où :

« On va bientôt renier père et mère pour de l’or » (p.45)
« Les gens ne sont plus eux-mêmes. Ils ne respectent plus que l’argent. L’argent et encore l’argent !
Ils vendraient tout pour de l’argent… » (p.45) « Certes. Comme je l’ai toujours dit, nous sommes
les garants de la tradition. Mais vieille bien sûr ces pièces d’argent. Il y a des trafiquants d’objets
rares partout. Tout quitte le pays, s’en va ailleurs on ne sait comment…même les anciens coffres de
bois. Il faut se méfier des camelots qui passent… » (p.44)

Vendre sa culture, son histoire, son patrimoine pour l’argent. Aujourd’hui les jeunes cherchent
à se vendre pour l’argent, pour se trouver à l’autre côté du rive. Le talent du sociologue qui cherche à analyser les causes et les effets se voient dans les conversations interactionnelles entre le vieux et sa vieille, qui essayent d’approcher les phénomènes socioculturels, qui les inquiétaient et qui nécessitaient une étude urgente. Quoique ces conversations semblent ordinaires elles sont lourdes au niveau sémantique, surtout lorsqu’elles traitent les maux et les soucis Historiques ou lorsqu’elles s’expriment sur le conflit des générations, la crise de l’identité ou autres.

Le conflit des générations

Un phénomène socioculturel évident qui distingue chaque époque et que Mohammed Khaïr -Eddine prend le temps d’exposer et d’analyser dans son roman : Il était une fois un vieux couple heureux, est celui du conflit des générations. D’abord, il met l’accent sur la solidarité qui n’existe plus même entre les membres de la même famille. Cette tendance de l’individualité égocentrique qui caractérise désormais la société marocaine. Cette envie
de voler avec ses propres ailes, de partir, de vivre ailleurs, de s’enrichir loin du pouvoir paternel,
d’imiter les européens, de trouver d’autres manières d’exister… :

« Seuls les jeunes écervelés, voulaient imiter à tout prix leurs aînés, allaient se perdre ailleurs,
abandonnant à la fraiche les terres qui les avaient nourris et vu grandir… » (p.58)

Pour les anciens, les jeunes sont des ingrats. Pour les jeunes, ils ont le droit de changer leur situation au lieu de rester coller à la terre qui nécessite un travail fou et régulier. Les villageois trouvent que les jeunes nés en Europe sont encore pires :

« Ces enfants nés en Europe sont les pires qui soient, dit le vieux Bouchaïb. Ils ne respectent
même pas les morts. J’en ai vu une bande qui profanait les tombes. Ils ne parlent même
pas notre langue ? » (p.59)

En effet, il y a un grand problème de communication entre les générations. Les jeunes sont mal copris et mal vus par les anciens qui n’arrivent pas à saisir leur pensée, leurs transformations subites, leurs tentatives de se trouver dans un monde sans frontières où tout se complique et se croise. Mohammed Khaïr – Eddine a bien indiqué ces mutations que les jeunes subissent sans arrêt et qui modifient leur façon d’agir et de voir les choses.
Il anticipe déjà sur le rôle de la technologie et la place qu’elle va occuper dans la société.

La crise de l’identité


Mohammed Khaïr Eddine évoque dans son oeuvre : Il était une fois un vieux couple heureux, la crise de l’identité des jeunes marocains nés en Europe. Il semble que ces derniers sont perdus dans un monde qui leur est complètement étranger mais dont-il appartient
par naissance. Déraillés, perdus, égarés entre deux pays, deux origines, deux cultures, ils sont devenus des délinquants, des voleurs, des trafiquants :

« Ils étaient passées du tiers –monde au quart monde sans même s’en rendre compte.
Condamnés à subir leur échéance en Europe, ils ne pouvaient plus revenir au pays d’où
ils s’étaient exilés. Leurs enfants, incultes comme eux, rééditèrent le même topo en l’amplifiant.
Ils constituaient désormais l’essentiel de la population délinquante et carcérale des
pays d’Europe, car le trafic de stupéfiants et le vol étaient le seul métier où ils excellaient.
Un métier à la portée des exclus de la société industrielle, qui rejetait ces indésirables en
des banlieues surpeuplées, dangereuses et sinistres. » (p.59)

Une description loin de toutes imaginations fictives, qui montre la réalité des jeunes immigrés qui n’ont pas de place dans une société de compétences, de savoir, de civilisation et de chances. Ces jeunes français-marocains doivent supporter la conséquence de leur double identité, de leur couleur et leurs traits qui les relèguent au second plan. Un récit qui met les points sur les « i », qui montre la réalité d’une génération qui souffre pour
trouver un sens à son existence, pour tracer les piliers d’un futur sombre et sans issue. Un peuple errant qui a le mal de vivre et de s’adapter à une patrie inaccessible.


L’isolement du milieu rural

Mohammed Khaïr–Eddine n’oublie pas de dévoiler la réalité du milieu rural. Derrière le village paisible et beau se cachent d’autres réalités atroces. La vie difficile des villageois qui doivent subir seuls les malheurs des années de sécheresse. La pauvreté attaque le village
autrefois fascinant1 et prodigieux. Un milieu isolé sans école, sans route… :

« Même les vagabonds de jadis avaient déserté la région. »(p.150)

Pour Mohammed Khaïr –Eddine : « L’Etat doit procéder à des fourrages coûteux. Mais l’Etat est bien loin d’ici. Il ne nous entend pas et nous voit encore moins. » (p.151)
Pour Mohammed Khaïr–Eddine, les villageois n’ont pas d’avenir en ville. Seuls quelques malins y parviennent (p.151). Pour lui, il y aura sûrement une explosion sociale relative à cette immigration illogique et collective des villageois vers les villes.
Il trouve que ce phénomène n’est qu’une bombe à retardement. (p.152)
Vers la fin de son oeuvre : Il était une fois un vieux couple heureux, Mohammed Khaïr- Eddine, nous incite à travailler. Ce qui nous rappelle Le jardin mythique de Voltaire.
Le travail de la terre inféconde, travailler pour vivre même dans le désert le plus aride est l’unique solution car, selon lui le plus heureux est celui qui attend, qui reste tranquille et travaille pour vivre là où il se trouve. (p152-153)

LE ROMAN MAROCAIN D’EXPRESSION FRANCAISE.

Posted By Fle Lycée Maroc on juillet 1st, 2010

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